Athis-Mons
le 02.07.2019
A l’attention
d’Isabelle Jarry
Madame la garante de la concertation publique,
Vous trouverez ci-après notre analyse en dix points sur le
projet proposé afin qu’elle puisse être intégrée au bilan dont la rédaction
vous a été confiée par la Commission Nationale du Débat Public:
1.
Une
concertation à l’échelle discutable
Consulter les populations de 24 autres
communes, peu impactées par le projet, revient à diluer l’avis des plus
concernés. On pense notamment à un projet similaire ayant fait la une
nationale, l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, où la cartographie de
l’opposition au projet démontre une corrélation entre la distance de
l’équipement et l’opinion favorable. Par ailleurs, afin d’obtenir un accord des
populations, le Conseil Départemental
cherche à opposer les habitants des deux rives sans jamais rechercher un
travail commun. Il s’agit de vendre une solution miracle qui permettrait de déplacer
les embouteillages du pont de Villeneuve St Georges sur l’autre rive de la Seine.
Sont toutefois délibérément ignorées les difficultés de circulation provoquées
par le rétrécissement du souterrain passant sous Orly sur la D7 (ex-RN7).
A aucun moment dans la vidéo présentant le
projet, n’est évoquée la situation du flux Sud/Nord au niveau de la D7. Et
pourtant, Le président du département a illustré sa présentation par… des
embouteillages à Athis-Mons, sur des voies bien identifiées: rue Koenig, côte
d’Avaucourt qui sont déjà saturées en l’absence de cette liaison Est-Ouest.
2.
Les
zones d’emploi
Le projet du Conseil départemental veut
faciliter l’accès des populations de la rive droite aux zones d’emploi de la
zone aéroportuaire et du MIN de Rungis. La zone aéroportuaire gère plus de 30.000
salariés aujourd’hui et sans doute plus du double dans quinze ans. En revanche,
et contrairement à ce que veut laisser croire le Conseil départemental, le MIN n’annonce
que 12.000 salariés dont une partie circule la nuit et en milieu de journée, où
les conditions actuelles d’accès sont satisfaisantes du fait de l’état du
trafic.
3.
Un
projet qui accroit l’embouteillage de la D7 devant le souterrain d’Orly
Il aurait été judicieux de travailler sur
ces 2 sites d’embouteillages  que sont le
pont de Villeneuve pour le flux est/ouest et l’entrée du souterrain d’Orly pour
le flux sud/nord. Le projet tel que proposé débouche en effet sur le principal
point de congestion athégien, ce qui apparaît comme ingérable.
 Tout
ceci ne peut aboutir qu’à une thrombose au niveau du souterrain d’Orly en
ajoutant à la circulation existante 15.000 véhicules /jour dont des
camions.  Il aura fallu tous les efforts
des habitants d’Athis-Mons pour expliquer que l’embouteillage du matin (6h30 à
10h00) et du soir (16h00 à 19h30) n’est pas loin de friser celui du pont de
Villeneuve St Georges. Il faut, certains matins, entre 30mn et 45mn pour aller
de la Pyramide de Juvisy à l’entrée du souterrain d’Orly (moins de 2km). On
remarque que cet embouteillage commence souvent dans le bas de Juvisy.
De plus, dans le projet départemental,
aucune vraie solution n’est proposée pour soulager cet embouteillage, qui
contrairement a ce qui a été affirmé préexistait à tout projet de contournement.
Tout projet de prolongation du contournement doit prendre en compte l’engorgement
provoqué par le rétrécissement devant le souterrain d’Orly.  A quand un pont/viaduc pour passer sur la D7
à ce niveau ?
Le principal risque est que soit empruntée
un itinéraire de substitution à partir du rond point Dunant : rue Léon Blum
->  Avenue Marcel Sembat -> Avenue
de Morangis -> Avenue de Verdun pour rejoindre l’A6. Cet itinéraire est déjà
aujourd’hui emprunté par de nombreux poids-lourds en provenance de Villeneuve
Saint-Georges, générant un trafic en plein centre-ville.
Enfin, l’augmentation des populations et
donc des voitures sur les deux rives ne pourra qu’aggraver la situation.
4.
Un
projet qui ne garantit pas d’amélioration à Villeneuve St Georges
L’expérience montre que les voies nouvelles
créées sont très vite utilisées par les conducteurs, en attirent de nouveaux et
sont, elles-mêmes,  bien vite
embouteillées (effet de circulation induite). L’exemple de l’A86 est
instructif : cette voie devait fluidifier la circulation. Le résultat est
connu de tous. La voie est saturée du matin au soir ! Il n’est donc
absolument pas certain que le projet du Conseil départemental contribuera à
désengorger le pont de Villeneuve St Georges..
L’expérience montre également que le
télétravail et le covoiturage restent un épiphénomène qui tarde à se développer
et ne peuvent être considérés comme des solutions aux embouteillages.
Un travail commun intégrant la fluidité du
flux Nord/Sud permettra de relancer de multiples projets de liaisons, notamment
à Viry-Châtillon ou dans le Val-de-Marne qui paraissent mieux acceptés par la population,
et sans doute plus efficaces.
Les défenseurs du projet se sont montrés
honnêtes en affirmant qu’il ne serait constaté aucune amélioration notable,
mais que cet ouvrage visait surtout à éviter la dégradation des conditions de
circulation futures, basées sur des projections de trafic
5.
Un
avenir mal maitrisé
La mobilité de demain n’est pas suffisamment
travaillée dans ce projet. Aucun effort de prospective n’est réalisé même si on
connait mal ce qu’elle sera dans 10, 20 ou 30 ans. Le projet proposé n’est ni
plus, ni moins celui déjà soumis, sans succès, dans les années 60 : celui
d’une liaison A6/N6. 
Ce projet apparaît donc obsolète.
6.
Des incohérences
dans le rejet des solutions alternatives.
Les présentateurs du projet n’ont pas hésité
à écarter d’emblée toutes les solutions. L’exemple du téléphérique (alternative
évoquée par les participants aux ateliers d’Athis-Mons) est jugé irrecevable
car les autorités d’ADP refuseraient une cabine qui arriverait aux Portes de
l’Essonne à plus de 3m de hauteur.  Toutefois,
 l’hypermarché Carrefour qui se trouve
actuellement  en plein dans l’alignement
de la piste 2, est d’une hauteur bien supérieure à 3m. Par ailleurs, la 6e
édition de Paris Air Forum a révélé le projet de vertiports pour des engins qui
voleront à proximité de l’aéroport à plus de 500m de hauteur… Les
représentants du Conseil Départemental devraient être mieux informés :
c’est la DGAC et non ADP qui serait appelée à donner une autorisation.
D’autres alternatives comme le souterrain
ont été balayées pour motifs techniques ou de coût mais aucun chiffre n’a été
communiqué. L’optimisation du pont existant à Villeneuve Saint-Georges, en
rajoutant une voie de circulation (via création d’une passerelle piétonne) est
de même rejetée, alors qu’elle pourrait être un complément au projet.
7.
Les
solutions 
Ø
Si l’on veut désenclaver la rive droite de la
Seine, il convient de favoriser les transports en commun avec, enfin, un
prolongement de la L18 et du T7 pour le flux Nord-Sud. La loi à venir sur les
mobilités croissantes préconise le développement des transports en commun.
Ø
Le vrai problème, c’est l’absence d’emplois sur
la rive droite qui génère un fort trafic en direction de l’autre rive. Y développer
les zones d’emploi apparaît prioritaire afin de ne pas transformer ces
territoires en banlieues-dortoir.
Ø
Elaborer un projet intégrant une vision globale
des flux Est/Ouest et Nord/Sud.
8.
Projet
et pollution
Nul ne sait aujourd’hui quels carburants utiliseront
les véhicules du futur. Reconnaissons le aux rapporteurs du projet, l’offre
sera certainement multiple avec une empreinte carbone diminuée.
Toutefois, la multiplication des véhicules
n’empêchera pas les embouteillages.
De plus, il se passera encore de nombreuses années
avant que l’air soit moins pollué et le retour à un air sain n’est plus à
l’ordre du jour.
Ce viaduc engendrera encore plus de pollution
carbonée, CO2, notamment pour les enfants des écoles primaire et maternelle
qu’il surplombera (Saint-Exupéry) alors qu’ils souffrent déjà des pollutions
aéroportuaires- dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone- et des
pollutions aux nano particules dues à la destruction de l’aluminium des
automobiles du quai de l’industrie pour lesquelles il n’existe aucun filtre.
Les habitants et leurs enfants qui sont dans des nouveaux logements qui longent
la D7 sont, également, des candidats aux problèmes respiratoires, alors même
que les 15000 véhicules supplémentaires du projet de pont/viaduc ne sont pas
encore là.
Un mur anti bruit est promis par les concepteurs du
projet pour atténuer la pollution sonore que le projet de viaduc engendrera.
En France, 35
800 personnes meurent prématurément à cause de la pollution de l’air chaque
année
.
Enfin, ce projet détruit un espace
naturel et défigurerait un quartier historique de la ville. On attend les
études d’impact.
9.
Incertitudes
sur le dimensionnement du pont et sur le trafic en amont
Projet total de 3.6km, on ignore encore ce qui est
prévu : 2 voies, 4 voies, voies vélos (grimperont-ils la cote de 4%, puis 7% ?):
site propre pour les bus et le covoiturage, voie gare pour les bus au niveau de
la gare RER d’Athis-Mons ? Quid des piétons ?
De plus, le Maire de Draveil a exprimé ses craintes
sur le fait que « l’appel d’air » provoqué par le viaduc n’ait pour
conséquence qu’un nouvel engorgement de la D448 qui traverse sa ville.
10.Le coût de l’ouvrage
Pas d’illusion, il finira beaucoup plus
cher que prévu. Aucun ouvrage de ce type n’a tenu son budget initial. D’autant
qu’après une étude des sols, il faudra bien s’apercevoir qu’il est argileux et
en pente ce qui nécessite des aménagements spéciaux… et encore davantage si
on veut bien tenir compte des prévisions climatiques.
Jean Jouzel, climatologue, ex vice-président du GIEC
confirme : « Au réchauffement climatique se superpose un dérèglement
climatique avec des évènements extrêmes de plus en plus intenses ». Ce
projet ignore les effets de ce dérèglement. Les études météorologiques et
climatiques parlent de successions de fortes chaleurs suivies de pluies
intenses. Sait-on comment se comportera le terrain dans lequel seront plantés
les piliers du viaduc ?
On rappellera que des maisons situées sur ce coteau
se sont fendues lors de la canicule de 2003.
Par comparaison, le Maire de Draveil a rappelé
qu’une simple passerelle piétonne/vélos entre Draveil et Juvisy-sur-Orge était
estimée à 10 millions d’euros. On a donc du mal à se convaincre qu’un tel
projet pharaonique resterait compris dans une enveloppe budgétaire de 80
millions d’euros.
——
En
conclusion, ce pont engendrera une mutilation de la ville d’Athis-Mons en
ajoutant à l’existant un renforcement des pollutions atmosphériques, sanitaires
et sonores.  Ce projet pharaonique est
archaïque et ne tient aucun compte de la volonté des populations de privilégier
les transports en commun.  Il est clair
que le pont/viaduc est fait pour recevoir un trafic poids lourds qui sera renforcé
par la fin de ligne la de fret Rungis/Perpignan au 30 juin 2019 (flux vers
l’Ile-de-France estimé à 20.000 camions)
Ce projet, loin de faire l’unanimité entre les Essonniens,
reçoit la ferme opposition des habitants d’Athis-Mons. Bien que la position du
Maire d’Athis-Mons ait été ambigüe dans un premier temps (vote favorable aux
études au Département) l’intégralité du Conseil Municipal a depuis adopté à
l’unanimité plusieurs motions visant à rejeter ce projet. Par cette contribution,
les élus de notre groupe la réaffirmons.
Groupe Athis-Mons Espoir & Liberté – Conseil Municipal
d’Athis-Mons
  • Julien
    DUMAINE, Conseiller Municipal d’Athis-Mons, Conseiller de la Métropole du
    Grand Paris et Conseiller Territorial de l’EPT12, Ancien Adjoint au Maire.
&
  • Michel
    BOURG, Conseiller Municipal d’Athis-Mons.
  • Benoit
    DESAVOYE, Conseiller Municipal d’Athis-Mons.
  • Sydney
    FLEURY, Conseiller Municipal d’Athis-Mons.
  • Julienne
    GEOFFROY, Conseiller Municipal d’Athis-Mons, Ancien Adjoint au Maire d’Athis-Mons.
  • Maryline
    GRESSY, Conseiller Municipal d’Athis-Mons, Groupe Espoir & Liberté.
  • Kevin
    RAINHA, Conseiller Municipal, Ancien Adjoint au Maire d’Athis-Mons.

 

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