Alors que le mandat touche à sa fin, le Maire a cédé à prix cassés le patrimoine d’Athis-Mons avec les terrains situés en entrée de ville (jusqu’à 88€/m2 !). Retour sur le Conseil Municipal et le débat sur la désaffectation des parcelles : pourquoi procéder à de telles opérations dans la précipitation, avant même le dépôt d’un permis ?
En temps normal, un projet concret et abouti est déposé, puis la démarche de cession a lieu, sous réserve d’accord du permis du construire. Ici, on a procédé de façon inverse : on vend à l’aveugle à la découpe ! Mais les élections approchent : l’aménageur désigné a fait faillite et le maigre bilan du mandat écoulé rend nécessaire ces opérations de dernière minute afin de faire miroiter aux athégiens un grand nombre d’équipements futurs pendant la campagne électorale qui s’annonce. Encore de nouvelles promesses…
Seul un projet, enfin évoqué en Conseil Municipal, a fait l’objet d’un dépôt de permis en amont des ventes et désaffectation : la grande mosquée. Alors que le Maire se félicite de la création d’un parking de 158 places sur la zone, nous faisons remarquer que cela risque d’être bien insuffisant par rapport à la capacité d’accueil l’équipement (2500 personnes d’après le permis de construire).
Conséquence de la modification du stationnement sur d’autres quartiers demandeurs, le Maire a décidé de sa propre initiative de passer en zone bleue le quartier Plantes/Vallès/Sembat sur le Plateau. Le quartier étant assez étendu, l’argument de la lutte contre le stationnement de passage vers l’aéroport ne concerne pas vraiment toute la zone…
De nombreux habitants sont très mécontents de devoir désormais s’acquitter d’une somme de 100€ pour avoir le droit de stationner devant chez eux, ainsi que d’être soumis à une limitation de 2 véhicules par foyer maximum. Cela méconnait de nombreuses situations individuelles (véhicules professionnels, véhicules des enfants n’ayant pas encore quitté le domicile familial, bien souvent faute de moyens…), et est perçu comme une taxation déguisée par les athégiens.
Dans ces conditions, il va devenir très difficile de s’organiser pour le stationnement, y compris pour recevoir des invités puisqu’il sera nécessaire de leur faire changer le disque toutes les deux heures. Ce type de mesures générant sans cesse un report de stationnement vers le quartier voisin, jusqu’où va-t-on aller ? Allons-nous finir par passer toute la ville en zone bleue ?
Alors que la majorité municipale demeure incrédule quant à notre opposition à leurs projets futurs, nous rappelons que le critère de la dépense publique n’est pas à balayer d’un simple revers de la main.
Si certains projets peuvent paraitre attractifs sur le papier, le budget de la commune n’est pas extensible (et provient, en dernière analyse, des poches du contribuable athégien) et le coût demeure donc un paramètre important dans le choix des politiques publiques.
Par exemple, le projet d’école sur le carrefour de la Belle-Etoile (RN7), au delà de l’emplacement discutable, sera hors de prix (évaluation : 18 millions d’euros) ! De même le débat sur l’avenir de la Cité de l’Air parait compromis par l’absence de toute évaluation financière : le Maire assume sans broncher que la ville risque de s’engager dans un gouffre financier…
A l’inverse, nous pensons qu’il est préférable de développer des partenariats avec des opérateurs privée, afin que la ville n’ait pas tout à payer par elle-même. Il est possible (et même courant) que dans le cadre d’une opération d’aménagement urbain, celles-ci supportent et financent une partie des investissements publics, préservant ainsi le budget communal.
Alors que la municipalité se vante du “sauvetage de la cité de l’air”, nous en sommes bien loin. Seule une convention de partenariat a (enfin) été signée en 6 ans de mandat, ce qui aura tout juste permis de mettre autour de la table les différents interlocuteurs.
Or à ce jour, nous n’avons aucune évaluation financière réelle d’un quelconque projet ! Ceci est même précisé dans cette fameuse convention… Or les coûts des travaux d’aménagement à la charge de la ville sont non négligeables : 12 millions d’euros minimum (évaluation sur le mandat précédent) ! L’assainissement est complètement vétuste et fuit de partout…
Immobilière 3F, propriétaire d’une grande partie des parcelles, ne s’y est pas trompée et souhaite aujourd’hui se retirer du projet et vendre ses parcelles, pour ne pas s’engager dans ce qui pourrait s’avérer un gouffre financier… en l’état, il semblerait que les athégiens le paieraient sur dix ans ! Est-ce bien raisonnable, ou ne seraient-ce que de nouvelles promesses électorales ?
Le Maire d’Athis-Mons nous accuse d’être des rabat-joie attachés aux dépenses publiques procédant avec une méthode proche d’une agence de notation pour disséquer le budget municipal. C’est pour nous un compliment : l’exemple de la situation nationale (6% de déficit public) témoigne que les alertes lancées par ces organismes d’évaluation sont peut-être à prendre en compte avant qu’il ne soit trop tard !
Par ailleurs, il demeure assez gênant de constater aujourd’hui un tel écart entre les budgets prévisionnels (inscriptions) et le réalisé réel, presque 2 millions entre les chapitres 011 et 012 ! Un budget voté est censé être respecté, suivi et sincère.
Critiquer la politique municipale, c’est bien le rôle de l’opposition, qui exerce le contrôle démocratique des orientations menées, même si cela dérange le Maire. Au vu des élections qui s’approchent et du mécontentement constaté des Athégiens sur de nombreux sujets, il pourrait bientôt lui aussi, une fois battu, découvrir dans quelques mois le rôle de l’opposition…
Alors que certains efforts avaient été réalisés en 2024 par rapport à l’exécution budgétaire réelle (compte administratif), la municipalité retombe en 2025 dans ses travers dépensiers. Le Maire, qui cherche à se faire passer pour bon gestionnaire, prouve surtout qu’il est un bon communicant ! Par un tour de passe-passe, il compare son budget 2025 au budget prévisionnel 2024, qui était visiblement surévalué, en lieu et place des chiffres arrêtés par le compte administratif.
Par exemple, on nous vend un « ambitieux plan d’économies » avec une baisse de 900.000€ sur les charges à caractère général (011), par rapport aux 12,5 millions du BP 2024. Or la dépense réelle constatée en 2024 n’a été que de… 11 millions. Ce n’est donc pas la baisse vendue de 900.000€ mais bien plutôt une hausse de 600.000€ en 2025 ! Idem, les charges de personnel par rapport à l’exécuté réel ne sont pas seulement en hausse de 450.000€ mais d’un million d’euros !
On est donc assez éloigné d’une bonne gestion, surtout lorsqu’on sait que les recettes de la ville continuent d’augmenter cette année (+127.000€ de taxes, +966.000€ de fiscalité locale, 250.000 € de la nouvelle taxe sur les résidences secondaires…), mais que les dépenses continuent d’augmenter plus vite que les recettes. On constate également encore une fois que les embauches vont bon train (+9 ETP).
Pour autant, un manque d’ambition sur l’investissement est ressenti en dépit des 10 millions de budget inscrit tous les ans. La plupart des équipements majeurs, notamment les écoles promises, n’ont pas été réalisées sur le mandat. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir embauché de nombreux et coûteux directeurs supplémentaires pour superviser les projets de la ville…