Mesdames, Messieurs, Chers collègues,
Je n’ai pas
souhaité être présente ce soir pour la présentation du budget 2017 et j’ai
demandé à Julien DUMAINE, auquel j’ai donné pouvoir pour cette séance, que soit
lue cette lettre expliquant les raisons de mon absence.

A la suite
de l’élection de notre liste, en tant que 2e Adjointe au Maire en
charge des finances, j’ai été amenée à travailler à la bonne exécution du
budget 2014. En 2015, j’ai participé activement à l’élaboration du budget
principal, et je suis relativement satisfaite du résultat. Toutefois, à partir
de l’exercice 2016, mon pouvoir décisionnaire est rapidement devenu inexistant
au profit de certains des membres de l’administration et notamment de la
direction. Pire, il était impossible d’émettre la moindre critique à l’égard
des orientations de l’administration, et les quelques fois où je me suis
risquée à le faire, on m’a immédiatement menacée de me retirer mes délégations.
Depuis, la situation n’a fait que de se dégrader et je ne compte plus le nombre
de fois où il m’a été demandé de «
laisser travailler l’administration »
, alors même que je ne faisais
que demander des informations d’ordre budgétaire ou une simple communication de
documents.

La vérité,
c’est qu’en dépit de mon diplôme sanctionnant cinq années de formation
supérieure en école de finance, je crois n’avoir jamais été réellement prise au
sérieux. En effet, on ne prêtait guère plus attention à mon opinion depuis un
certain temps déjà. Ma jeunesse ne parle peut-être pas forcément en ma faveur,
mais étant en charge de 10 écoles de reconversion professionnelle pour un
budget total de 35 millions d’euros en
fonctionnement dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai la prétention
de croire que mon avis n’était pas totalement dépourvu d’intérêt.

Aujourd’hui,
ma seule et unique marge de manœuvre se limite au contrôle des bons de commande
que je peux éventuellement refuser de signer. Et même en ce cas, je sais bien
qu’ils seront validés malgré tout par Madame le Maire qui par méconnaissance
des dossiers, cèdera à  la pression de
son administration.

Il y a deux
mois, j’ai même été évincée de la commission d’appel d’offres pour des raisons
obscures, ce qui est assez singulier pour un Adjoint au Maire en charge des
finances.

Avec l’élaboration
de ce budget 2017, des sommets ont été atteints. Initialement, je n’avais même
pas été associée à l’élaboration du budget principal.  Un beau jour, j’ai découvert que nous
faisions appel à un cabinet privé chargé de travailler sur la préparation
budgétaire. J’ai été conviée à cette réunion la veille pour le lendemain et
n’ai donc pas pu me libérer pour y assister. Il est déjà assez révélateur que
nous ne soyons pas en mesure de préparer un budget en interne et contraints de
faire appel à un consultant extérieur. Pire, je n’ai été informée des
conclusions de cette réunion que via des indiscrétions de la part du personnel
communal (Mme le Maire ne m’en ayant avisée que de façon
allusive par téléphone suite à mon insistance). Cela prouve bien que le niveau
d’information des services municipaux est aujourd’hui supérieur à celui des
élus, et a fortiori de l’élue de
secteur.

A la suite
de cela, j’ai réclamé pendant près de deux mois et à de nombreuses reprises un
compte-rendu de cette réunion, ou encore le rapport produit par le consultant.
Jamais je n’ai eu accès à ces documents. J’ai fini par comprendre que l’on ne
souhaitait sans doute pas que ces documents finissent entre mes mains. Et pour
cause, ceux-ci sont sans doute accablants. En effet, un vent de panique a
soufflé lorsque l’information a été diffusée : à un mois d’échéance du
budget, la section de fonctionnement était déficitaire d’1 million d’euros… ce
trou sur le budget de fonctionnement étant sans doute la raison pour laquelle
il a été nécessaire de reporter le vote du budget.

Cette
surprise n’a pas occasionné de remise en question des compétences de certaines
personnes, bien au contraire… Pourtant, la baisse des dotations de l’Etat ne
sera que de 300.000€ cette année et non de 600.000€, suite au
« cadeau » du président de la République effectué avant les
élections. N’importe quel élu ou administré serait donc en droit de se
questionner sur les 700.000€ restants…

Du travail
de ce cabinet privé, le seul élément que j’ai réussi à obtenir fut un tableau
des projections financières de la ville d’ici à 2020, utilisé lors du
rendez-vous en mairie. Celui-ci est extrêmement alarmant à propos du niveau
d’endettement de la commune, et sur ce fondement je n’ai eu de cesse de tirer
la sonnette d’alarme ces derniers mois, sans être suivie. En effet,  le ratio de la capacité de désendettement de
la ville est plus que préoccupant. De 5,2 années en 2014, il sera de 9,4 en 2017
pour aboutir à 17,2 en 2020… A cet effet, je rappelle que le seuil de vigilance
se situe à 10 ans (seuil critique à 15 ans) et que ces projections ont été
effectuées considérant une évolution annuelle de seulement 1 % (et même 0,1 %
en 2017) des charges de fonctionnement, objectif que nous n’avons jamais réussi
à tenir jusqu’ici (4 % en 2014 et 3 % en 2015, 2016 étant plus difficile à
évaluer du fait des transferts). Plus grave, dans ce tableau qui évoque un
scénario menant la ville à de lourdes difficultés financières, le niveau
d’emprunt pour 2017 était estimé à 3.3 millions d’€. Or, le budget présenté ce
soir propose … le recours à un emprunt à 3.2 millions d’€.

Alors que
les principaux cadres de l’administration étaient bien au fait de ces
difficultés, les élus n’ont eu de cesse d’être désinformés sur ces questions. Suite
aux évènements du 1er février, lors d’une réunion de majorité où
afin de ressouder l’équipe, chacun était amené à faire part de ses
récriminations, j’ai tenté d’évoquer ce sujet important. J’ai porté à la
connaissance des autres élus que nous risquions une mise sous tutelle dans deux
ans. Madame le Maire a tourné court et il m’a été rétorqué de façon lapidaire
que ces propos étaient exagérés et véhiculés par certains « dans le but de nous déstabiliser ». Pourtant, la
possibilité d’une mise sous tutelle en 2019 est une éventualité qui m’a été évoquée
par la directrice des finances elle-même, dans le cadre d‘une réunion
budgétaire que j’ai fini par obtenir à la suite de mon insistance. A chaque
fois, la gravité de la situation était clairement minimisée. Nous avons même eu
droit à un séminaire dédié à ce sujet.

Je ne
cautionne plus cette opacité manifeste vis-à-vis des élus, y compris au sein de
la majorité. Depuis le tragique décès du premier adjoint, le seul avec lequel
j’ai appris et travaillé, Madame le Maire décide seule sans concertation, sous
l’influence de quelques privilégiés non élus qui nous conduisent manifestement
vers la catastrophe tout en occultant la réalité.

En outre, exerçant
moi-même une profession de contrôleur de gestion, je ne souhaite plus être
associée à la politique menée en mairie d’Athis-Mons. En effet, si je ne suis
clairement pas à l’origine des choix effectués, j’endosse aujourd’hui via mes
fonctions d’élue aux finances la responsabilité des décisions. Aussi, je ne
souhaite pas que des problèmes de mauvaise gestion puissent me porter
préjudice. Par ailleurs, une politique financière aussi aléatoire laissant
ainsi filer les dépenses de fonctionnement ne peut aboutir à moyen terme qu’à
une hausse de la fiscalité des Athégiens… ce qui est parfaitement contraire aux
raisons de mon engagement initial.

C’est pourquoi,
en cohérence avec tout ce qui précède, je vous informe avoir envoyé ce matin au
Préfet la démission de mes fonctions d’Adjointe au Maire en charge des Finances
et ne souhaite désormais plus être associée aux décisions quelles qu’elles
soient de la municipalité.
Julienne GEOFFROY

2ème Adjointe au Maire
d’Athis-Mons en charge des finances
Vice-présidente du Nouveau-Centre en Essonne
Déléguée UDI de la 7ème
circonscription de l’Essonne
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