Tout a commencé un beau matin de
2014. Nous étions alors en période électorale pour les municipales.  Le ministre de l’éducation allait à cette époque appliquer sa réforme des rythmes scolaires afin d’abandonner la semaine de
quatre jours. Cette nouvelle réforme était alors loin de faire l’unanimité, pas
plus qu’elle ne suscitait l’enthousiasme de la plupart des collectivités qui avaient à porter ce changement – y compris
financièrement. Comme beaucoup de candidats de droite, nous décidâmes donc d’en
faire un thème de campagne en nous positionnant contre cette réforme.

Une fois élus, nous n’avons
cependant pas opposé grande résistance à son application, ce qui aurait été de
toute façon inutile au vu du peu de succès obtenus par d’autres maires, parfois
réduits à cadenasser le portail des écoles à la rentrée scolaire en signe de
protestation. La réforme étant inévitable, inutile de lutter en vain.


Puis vint l’élection du Président
Macron, et avec lui les annonces de son ministre de l’éducation. Très
rapidement, il annonçait une nouvelle réforme des rythmes scolaires, dont le
principe directeur était de laisser la liberté aux communes. Cette position
paraît tout à fait équilibrée dans la mesure où il faut reconnaître que la précédente réforme a rencontré de francs succès au sein de certaines collectivités,
notamment celles ayant les moyens financiers d’offrir des activités
périscolaires à forte valeur ajoutée (équitation, plongée…). En mai, M. le
Ministre a précisé que la réforme était envisagée pour 2018 mais qu’un certain
nombre de communes “pilotes” pourraient revenir aux 4 jours dès la
rentrée scolaire 2017… Encore fallait-il qu’elles se manifestent rapidement.

Mais ce n’est qu’à partir du 13
juin que les choses deviennent plus difficile à suivre en mairie. Coup de fil du
Parisien. Ils écrivent un article sur la position de la ville sur les rythmes
scolaires. Tout le monde semble alors se réveiller et agir dans la plus grande
panique. Il faut dire qu’il s’agissait d’une occasion en or d’honorer – pour une fois –
l’une de nos promesses électorales, alors au diable la concertation !

Texte du Parisien, 14/06/2017



La méthode est un peu brutale,
d’autant plus que la consultation est normalement une obligation, mais passons. Les annonces
officielles sont effectuées dans les conseils d’école, où la décision est annoncée comme prise
par le Maire et non-négociable. Nombreuses crispations liées à la précipitation et à la nécessaire réorganisation des modes de garde qui en découlent, mais les parents favorables au retour à la semaine de quatre
jours paraissaient encore relativement contentés.  


C’est du moins ce qu’ils
croyaient.  Le 21 juin, au matin d’un
Conseil Municipal qui se réunissait enfin à un jour d’échéance de l’illégalité
(Mme le Maire étant tenue par la loi de convoquer au moins un Conseil Municipal
par trimestre) et qui avait également vu une mobilisation de parents d’élèves pour d’autres raisons fut l’occasion d’un véritable “coup de théâtre”
comme dirait le Parisien. Mme le Maire a en effet réalisé dans la journée un véritable
volte-face en contradiction complète avec toutes ses déclarations précédentes
en annonçant le report de la réforme à 2018 et sa volonté d’organiser une
concertation. Au temps pour les parents qui durent – encore une fois – changer
leurs modes de garde.

Le principal argument avancé
était la non-parution du décret. Aussi, lorsque celui-ci (dont le projet était
déjà largement consultable depuis le 8 juin, date où il a été présenté aux
syndicats enseignants) parut effectivement à peine une semaine plus tard, Mme le Maire se sentit obligée de se justifier par le biais de ce communiqué critiquant le décret, rédigé dans un français administratif parfaitement
inintelligible. Des nombreux retours que nous avons reçus de la part de la population,
bien peu furent en mesure d’en saisir le sens profond tant les phrases y sont longues,
les formules ampoulées et le style obscur.

Soyez sans crainte, je l’ai
déchiffré pour vous et la véritable information ne concerne en réalité qu’une seule
phrase : Dans ce contexte de fin d’année scolaire, entre
besoin de clarté, de sérénité dans le consensus et de temps pour le constater [?],
j’ai décidé le report de la semaine de 4 jours, qui sera mis[e] en œuvre sur la
commune après concertation “.
 

Conclusion: il sera organisé une “concertation” d’un genre particulier car portant sur une décision qui apparaît comme déjà prise: la remise en place en 2018 de
la semaine de 4 jours.

————————————————————————————————————————–

Dans un esprit constructif, voici
maintenant ce qu’il aurait sans doute été préférable de faire afin de répondre
au  “besoin de clarté, de sérénité dans le consensus et de temps” formulé
par la population:

1 – Report de toute décision à la
rentrée 2018-2019 afin d’éviter une précipitation excessive dans la mise en œuvre.

2 – Procéder à une évaluation de
la réforme des rythmes scolaires (passage à quatre jours et demi), y compris
sur le plan financier. Un sentiment général est utile, mais un retour
d’expérience concret sur la mise en œuvre au niveau communal paraît
indispensable pour éclairer la décision.

3 – Organiser une véritable
concertation avec les acteurs du monde éducatif et les parents d’élèves

4 – Au vu de l’ampleur du sujet,
et pour éviter d’éventuelles critiques sur la représentativité des personnalités
consultées – ce qui commence déjà inévitablement à circuler – organiser un
referendum local afin de laisser les Athégiens décider. La municipalité
diffuserait une lettre offrant des tribunes de taille équivalente aux partisans
de chacune des propositions afin que les citoyens puissent se forger leur propre
opinion de manière éclairée. Un débat public pourrait également être organisé.

5 – Application de la décision
choisie par les Athégiens qui se seront prononcés en connaissance de cause dans
le cadre du referendum.

A Athis-Mons, davantage de
démocratie ne ferait pas de mal.

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